28 mars 2009
MOVE OVER
J’étais moucheron.
De la famille des invertébrés du microcosme qui ne vivent que quelques jours.
J’étais moucheron.
J’ai terminé ma vie sur… sa bouche.
Englué dans son gloss.
Il était une fois un moucheron…
Fin de l’histoire.
Fin d’un moucheron.
Sûrement une question de vitesse du vent, une question de timing.
Etais-je parti trop tôt en quête de reproduction, était elle en avance avec sa poussette au bout des doits ?
En une seconde ma vie a basculé ;
je n’ai vu que sa blondeur. Sa blondeur m’a aveuglé.
La seconde d’après je n’ai plus senti ni mes ailes, ni mon corps "à peine plus gros qu’une tête d’épingle" !
Ça y était j’étais pris.
Pris par elle.
Par sa bouche. A peine maquillée. A peine soulignée.
Une fine couche de « brillant » cherry kiss a suffit pour me plaquer.
A jamais.
Fin de l’histoire.
Fin du moucheron.
Le plus dingue ?
Elle m’a senti.
Elle m’a doucement décollé en approchant son visage d’une vitrine.
Puis s’est exclamée « Merde ! Le moucheron… »
Après plus rien.
Une grande lumière. Je vous assure c’est vrai!
Le tunnel, la lumière, la chaleur, tout ça, c’est pas du bidon.
Depuis j’ai l ‘impression de la sentir partout.
Cherry Kiss.
Cette odeur DOUCE. Fruits rouges, cerise, fruits de la passion.
Impression de la sentir partout…
au PARADIS des moucherons.

04 mars 2009
ARE YOU STUPID OR WHAT?
Mais qu’est c’qu’elle est Con sa copine…
A 25ans, c’est pas possible d’en TENIR une couche pareille !
Je me souviens qu’à 25ans, il m’avait dit « la situation est assez aigue tu sais… » .
A quoi je lui avais répondu ; « Aigu c’est le contraire de grave non ?!!! »
A partir de ce jour là, régulièrement il me disait que j’étais l’une des personnes les plus Smart qu’il ait rencontré.
Que je pouvais remercier mes parents pour mon éducation, tout ça, et que c’était une CHANCE l’intelligence…
Du coup c’est vrai que j’ai beaucoup de mal avec la connerie, l’ignorance, l’étroitesse du cerveau, la fuite du cervelet.
Je m’ennuie !
J’ai étalé mes Maltesers sur ma table d’écriture. Ils n’ont pas le même goût ici !
J’suis damnée !
A moins que, les 2 cuillères de Nutella avalés juste avant n’induisent en erreur mes papilles ?!
Le jour de mes 25 ans, je m’en souviens comme si c’était hier.
NEW YORK. CENTRAL PARK. -11°C !
Une dispute infernale comme il allait en suivre 1000 autres après…
… Mon petit dort, il n’a pas fait un pli…
J’étais pas bien, je ne me sentais pas bien ! Sans doute par caprice, sans doute par anticipation de tout l’IMBROGLIO à venir.
J’étais fermée, enfermée.
Impossible d’en sortir !!! Et plus je me disais que c’était NUL, que J’ETAIS nulle,
que « pas possible de vivre le jour de ses 25ans comme ça », plus j’étouffais, plus je sombrais !
AU SECOURS…
« Quel con à dit ceci… que 25ans c’est la belle vie ? »
Alors ELLE, elle est conne pas simplement sur la couche extérieur de l’épiderme, comme les pubs pour la crème parfaite !
Non, c’est beaucoup plus en PROFONDEUR, on sent que c’est DU LOURD, que la connerie elle est bien IMPLANTÉE dans ses entrailles…
Anyway, c’est pas moi qui couche avec elle…
(ça m’énerve que mes Maltesers n’aient pas le même goût ici!!!)
Surtout qu’il y en a plus d’un qui s’en tape, une fois allongé, de la pseudo « intelligence » de la fille…
C’est plus simple une fille conne. Moi je suis compliquée !
Mais COMPLIQUÉE… je dois être fatigante… C’est simple j’me fatigue toute seule.
ELLE, y’a qu’à la regarder elle sourit tout le temps !
Elle est TOUJOURS contente !
Elle a tout le temps la PÊCHE ! Je n'aime pas cette expression mais PÊCHE ça lui va bien.
En fait elle à un peu une tête de pêche, de prune… Pas encore de pruneaux… mais ça viendra.
Enjoy tes 25ans !
Parce qu’après… tu rêveras de PRUNEAUX !
En parlant de rêve, je ne fais que ça ici… Mais pas le gentil rêve, celui qui met de bonne humeur pour la journée.
NON pas celui là de rêve.
Plutôt celui qui vous RETOURNE la tête, tellement de SANG, de BOMBES, de CRIS, de courses poursuites SANS arriver à courir, de caméra à l’épaule, de VIOLS sur le trottoir, de panique à tout va !
Je suis épuisée en me levant !
C’est comme son père qui lui disait ; « j’suis fatigué ce matin j’ai rêvé que j’dormais pas !
…
La conne, je suis certaine qu’elle fait de jolis rêves.
J’aimerais bien qu’elle m’en donne un peu.
Je vais aller me reposer…
Elle m’a ÉPUISÉE


... !!! ...
30 août 2008
LIFE IN PLASTIC!
Un accident. Là, juste en bas de chez moi.
Un accident. Dans ma rue. L'avion de Barbie. L'avion s'est scratché et Barbie était dedans.
L'avion de Barbie s'est scratché. Juste en bas de chez moi. Ce n'est pas un suicide. Non. Le suicide = démodé.
Depuis que Régis J. en a fait un sublime livre; le suicide n'est plus d'actualité.
En tout cas pas la sienne. Plus la mienne. Pas celle de Barbie.
Elle était partie en espérant "couper" un peu avec sa vie, avec les autres.
Elle était partie pour RESPIRER un peu. Trop lourde.
De tant de choses.
De lui, l'homme de sa vie. Du mal invisible qu'il lui faisait. De ce quotidien apparemment sans contrainte mais submergé par ses reproches et ses réflexions entêtantes.
De cette situation qui semblait aller droit dans le mur!
Elle est allée droit dans le béton. Du trottoir. Là. Juste en bas de chez moi.
Elle s'était dit qu'elle pouvait bien prendre l'air un peu. Que ses enfants étaient grands. Elevés. Et qu'elle avait tout donné.
Que ce temps pour elle ne serait pas VOLÉ.
Qu'ils ne s'apercevraient même pas de son absence. 15jours. 20jours. Qu'au fond ce n'était rien face à 15ans. 20ans...
Elle voulait faire quelque chose pour elle. Juste ça. Prendre l'air. Ce n'était pas si grave...
Mais la vie, le destin, ou tout simplement son avion en a voulu autrement.
Barbie s'est scratchée. Là, juste en bas de chez moi.
ça m'a fait quelque chose. ça fait toujours bizarre d'apprendre la mort de quelqu'un qu'on connaît.
Bien longtemps que je n'avais parlé avec elle.
Bien longtemps que je ne l'avais habillé, fait danser, déshabillé, fait voler, écartelé en tentant d'imiter les chorégraphies des gymnastes aux J.O, donner comme os à ronger à mon chien, bien longtemps que je ne lui avais pas fait rencontrer Ken, partir en voiture décapotable, aller à son Ranch, fait prendre un bain, lui faire avoir des enfants, des cauchemars, une maladie grave.
Lui couper les cheveux, la maquiller comme une fille,
vulgaire la fille,
lui faire faire le trottoir, lui dessiner des bleus... Bien longtemps qu'elle n'avait pas dormi dans mon lit,
que je ne lui avais dit des secrets, que je n'avais éteins la lumière de ma chambre et admirer les étoiles phosphorescentes qui ornaient sa robe magique!
Des étoiles maintenant c'est elle qui va en voir. C'est peut-être mieux comme ça.
Elle va "manquer" au début, puis la vie est plus forte. La vie REMPLACE. Comme ça. Du jour au lendemain.
Bien sur qu'ils vont pleurer. Les 1ers mois. La 1ère année.
Mais la vie va leur montrer autre choses. D'autres visages. D'autres corps. Et bientôt elle ne sera plus qu'un souvenir qu'on devra faire revenir en ce concentrant TRÈS fort.
J'ai de la peine pour toi Barbie.
J'ai de la peine pour tes enfants.
Mais au fond n'avais tu jamais songé à DISPARAITRE? 15jours? 20jours?
Ce sera pour la vie. C'est elle qui a choisi. Dans ton avion. Là.
Juste en bas de chez moi.
Juste en bas, de ma vie!
E.K
06 septembre 2007
ONCE UPON A TIME,



Il m'a d'abord fait attendre dans le couloir dix bonnes minutes. J'avais osé passer la tête à travers son bureau, sa porte était ouverte, il parlait anglais avec un gros bonhomme qui fumait le cigare.
" tu me laisses deux minutes s'il te plaît. Je termine un rdv."
Regard de bovin du gros bonhomme dans ma direction.
Je sens un sourire figé sur mon visage. "oui, oui...!"
Je déteste ça.
Attendre, encore, après avoir mis 3 mois pour obtenir un rendez vous, pour être là, dans ce couloir, comme quoi?
Une pauvre inconnue sans histoire. Une fille sans intérêt que l'on a à peine envie de respecter.
Je déteste ça.
Ces regards qui me dévisagent en sortant de l'ascenseur, des secrétaires dont le petit sourire pincé pourrait bien dire - tiens elle est là elle. Elle ne vas pas être déçue du voyage. Poireaute ma belle, poireaute. Tu vas être reçue! -
Des directeurs artistiques, croisés naguère dans d'autres maisons de disques, planqués à cet étage du label depuis au moins 5 ans maintenant. Je vois bien qu'il ne mettent pas longtemps à me remettre. - mais c'est... Comment c'était déjà son prénom? Tête baissée, ni vu ni connu. Elle ne m'a certainement pas reconnu. J'ai pris 6 kg depuis la dernière fois -
Un stagiaire vient faire des photocopies juste là dans mon couloir. J'attends entre l'imprimante et une plante verte toute desséchée. A croire qu'ici, ils n'ont même pas le temps d'arroser la pauvre herbe. Certainement trop occupés à parler anglais avec des gros bonhommes et faire poireauter des chanteuses bien essorées dont on ne sait que faire.
Le stagiaire me sourit. D'un sourire franc.
- ça fait plaisir de vous voir ici. Alors comment ça se passe pour vous depuis... -
- depuis mon expulsion?-
- oui enfin. C'était vachement bien votre voix tout ça. Moi je vous assure j'étais déçu quand vous êtes parti ! -
J'entends le gros qui sort du bureau.
Il était temps.
Je ne suis pas venu pour tailler la bavette à un pré ado tout excité à l'idée de raconter à ses potes toutes les "stars" qu'il aura croisé sur le chemin de la photocopieuse, au 3 ème étage d'un groupe qu'on appel une Major!
Du bout du couloir il aboie
- tu peux entrer -
Je déteste ça.
Je ne sais pas pourquoi je suis là. Je vois très bien à son air qu'il est autant enthousiasmé de me recevoir que de suivre la mère de ses gosses aux grands magasins, un week end de soldes.
Il me fait la bise.
Je déteste ça.
ça doit lui donner l'impression qu'il est jeune, qu'il est "sympa".
C'est fou ce que ces gens grossissent d'un rdv à l'autre. A croire qu'être assis sur son cul en attendant que ça passe, bien au chaud, ne prenant surtout aucune décision artistique pour ne pas faire de bruits, ça engraisse.
A cette vitesse dans deux ans il ne passera même plus la porte de sa planque.
- alors heu, je t'ai apporté mes nouveaux titres. J'ai tout fait. Seule. J'ai travaillé comme une acharnée. Bon évidement c'est pauvre en arrangement mais bon. Je compose uniquement au piano alors pour l'instant ce sont des pianos-voix.
Mais j'ai investi dans une carte son, deux ou trois choses pour faire avancer un peu mes idées. ça reste très épuré tu vois. J'entends exactement ce que je veux dans ma tête. On peut en parler, j'ai des tas de -
- oui, et bien on a qu'a écouter déjà. Ah, y' a 8 titres quand même! ça te dérange pas j'écoute un couplet un refrain ok?-
Déjà là j'aurais dû lui dire Merde.
Un couplet, un refrain! Je ne fais pas du rap... Il se passe autre chose dans une chanson. Pauvre con.
Et vas y que je te coupe la première. Et la deuxième. Et la troisième. Sans commentaire. Aucun. Le regard plongé dans les chiffres qui font défiler les seconde de mes morceaux. Vers le 6ème titre il laisse continuer la musique après le refrain. Tien peut-être un texte qui lui plaît mieux que les autres? Un rythme? Mes harmonies?
Mais non. Je sais très bien qu'il se rapproche de la fin du cd, il faut bien qu'il élabore un pitch, il gagne du temps!
7ème titre. Dernière chanson. Eject.
- bon c'est clair que c'est pas pour moi. C'est pas mon truc, c'est pas ma came.
Douche froide... C'est pas sa came!
Je retiens un - et c'est quoi ta came du gland? -
- On a une réunion d'écoute pas ce vendredi, mais le vendredi prochain. Je ne te promets rien mais je ferai passer aux autres DA. et puis je ne dirai pas que c'est toi d'accord. Comme ça il n'y aura pas de préjugés -
De préjugés? Mais j'ai fais quoi? Pour que tu n'assumes pas de dire qui je suis, j'ai fais quoi?
- on est obligé d'attendre encore 15jours? Tu ne peux pas les voir avant les autres? Vous êtes tous au même étage non?
Il baille.
- Oui mais... non. C'est bouclé comme ça donc je te tiens au courant ok? -
J'ai hésité entre reprendre mon cd, mon bébé, d'entre ses mains épaisses aux ongles rongés, en lui disant merde pour de bon, et rester toute quoi, figée par la déconcertante situation, la douloureuse situation, la révoltante situation.
Il baille encore.
Il feint de se gratter les couilles. De pire en pire.
Je me suis levée. Je ne sais toujours pas comment j'ai pu me contenir. Certainement parce que dès le début il m'avait traité comme une pauvre inconnue sans histoire. Une fille sans intérêt que l'on a à peine envie de respecter.
Je suis repassée devant l'imprimante. J'ai eu l'impression de ressembler à la plante verte à moitié morte. Il n'a pas pris la peine de me raccompagner à l'ascenseur. Des trucs sûrement plus important à trifouiller dans son froc.
Finalement je suis contente qu'il ne m'ait pas serré la main.
E.K
05 juillet 2007
I'M NOT WAITING...
Et parce que je ne PEUX pas attendre les bras croisés, comme ça, comme rien, comme un chien.
Parce que trop d'idées, trop de mots, d'émotions se bousculent dans ma tête. Et parce qu' en T'attendant, le temps qui est mien, qui est le notre mais qui fait bien ce qu'il veut, m'est bien trop précieux pour que je le laisse filer, comme ça, comme rien, comme un chien...
IL FAUT QUE JE FASSE, DE MON TEMPS QUI PASSE, LE CHEF D'OEUVRE D'UN INSTANT!
Cet instant. Ce moment. Cette attente. Ce temps.
Il faut que je m'exprime, que je recycle, que je donne.
Il faut que je crée, que j'invente, que je transforme.
Je sens que j'ai au bout des doigts un nouveau récit.
Un nouveau livre... à VIVRE.
Et je crois bien que c'est ici que j'ai envie de le lâcher...
comme ça, comme rien... comme un besoin...
Mais par où commencer?
Oserais-je tout raconter?
Comment vais je m'organiser? Puisque nous sommes dans une société de voyeurs je devrais peut-être mélanger fiction et réalité... Mon imagination... Mon quotidien...
Essayer de vous tenir. Essayer de vous appâter. Jour après jour.
Comme une télé en réalité MONTÉE!
Laisser moi réfléchir...
Je reviens vite...
EK
*collage Elfy 06/07



